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A propos de ce blog...

J’ai plusieurs amis qui me disent passer beaucoup de temps à dormir… Je n’ai jamais su si je devais me féliciter de ne pas en faire autant, ou si ce sont eux qui ont raison de se protéger de ce démon de temps en le tuant.  Car s’il y a bien un leitmotiv dans ma vie, c’est celui-ci : je n’ai pas le temps.

Il faudra un jour que je fasse une étude sérieuse pour savoir combien il me faudrait d’heures dans une journée pour faire tout ce dont j’ai envie. Le manque de temps m’obsède, il est le fantôme qui hante mon esprit, il se moque de moi et me terrifie. Si je marche avec une personne, elle ne manquera pas de me faire remarquer que je vais trop vite. Mais c’est pour gagner du temps ! Qui a assez de temps pour marcher lentement ? Certainement pas moi.

Le pire dans tout ça, c’est que je passe mes journées à perdre mon temps. Ma dernière idée pour finir de m’enfoncer ? Ecrire un blog ! Comme si j’allais avoir quelques heures dans une semaine à y consacrer. Veine rêverie. Enfin bon, on essaiera malgré tout.

Ne vous méprenez pas tout de même : je n’aurai jamais le temps de décider d’une ligne éditoriale pour mon blog. Alors ce sera une sorte de grenier; vous avez un grenier chez vous ? Vous savez, ce merveilleux endroit où l’on fourre tout ce dont on ne sait pas quoi faire, ce lieu sans règles où les peluches (devenues miteuses) de votre enfance côtoient un magnétoscope VHS (sur lequel vous enregistriez les films d’antenne 2) et un tas de draps jaunis par le temps. Eh bien voilà plus où moins ce à quoi s’apparente ce blog : le grenier de mes pensées.

Et si ce que je raconte ne vous intéresse pas (ce qui est somme toute probable), vous pourrez toujours dire que vous n’avez pas le temps de me lire…


Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 12:08
Relisez le titre de l'article.
Quelque chose vous dérange ? Non ?
Relisez le une fois de plus.
Toujours pas ?
Alors vous faites partie des 99,99% de gens qui ne sont pas choqués par le fait de glisser le mot "franchement" à tout bout de champ, dans n'importe quelle phrase.
Vous-même le dites certainement plusieurs fois par jour.
Heureusement, l'être génial que je suis est là pour pointer du doigt cet abus de langage, cette ignomité sans nom qui se glisse sans que l'on s'en aperçoive dans nos phrases avec une facilité déconcertante.

Ne soyez plus victime de cette mode, et devenez comme moi acteur de la lutte "anti-franchement".
Comment faire ? C'est très simple ; lorsque quelqu'un vous assène un "franchement" odieusement hors de propos, procédez comme suit :

1. Interrogation pour mettre le doigt sur le problème : "Tu as utilisé le mot << franchement >> là, non ? Pourquoi ?"

2. Face aux balbutiements que vous devriez recevoir en réponse, assénez un coup dur pour finir de confondre votre interlocuteur : "Tu sais qu'une étude a montré que les gens qui abusent le plus du mot franchement sont en général les plus faux-cul ?"

Le tour est joué, en voilà un qui n'y reviendra pas !
Alors vous aussi, devenez acteur de cette cause juste et honorable, et exorcisez les pauvres victimes de notre temps.

Un grand merci à Etienne, Jacques et Pierre pour m'avoir ouvert les yeux sur ce fléau.

Je vous laisse, j'ai des franch-people à exorciser...



Par Tharkis - Publié dans : Divers
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 12:41

Jeudi 18 octobre 2008, 13h. Ah non, merde, 12h. Pourraient pas être à l'heure comme tout le monde ces putains d'irlandais ?
Arrivée à l'aéroport de Dublin. Première mission : rejoindre le centre ville. Facile ? Pas tant que ça. Le verdict est instantané et l'échec cuisant : après avoir bredouillé avec un accent pitoyable un "one ticket for downtown" au chauffeur de bus, la réponse de celui-ci sonne comme du danois : incompréhensible. Les faits sont là, après un an et demi enEspagne à ne plus pratiquer le moindre anglais, le fleuve de mes connaissances sur la langue de Shakespeare s'est autant tarit que la côte de popularité de Sarko.
Devenant aussi rouge que la cape de Superman, il finit par comprendre que je dois vouloir aller en centre ville. Et me voilà allégé de 6 euros (de sacrés voleurs ces dublinois) pour ce petit voyage.
Arrivé sur O'Connel Street, un heureux hasard me fera trouver l'auberge de jeunesse en moins de 5 minutes. Je pense que j'aurais appelé le Guiness Book si j'avais eu le numéro, pour immortaliser cette performance, moi qui ai un certain talent pour ne jamais trouver les endroits où je dois me rendre en moins de 30 minutes (à partir du moment où je pense être "à côté").
Ce premier jour sera sans grand intérêt, si ce n'est la découverte d'un restaurant chinois excellent qui deviendra mon repaire quotidien des midis.


Réveil 13h. Je prends mes affaires et me dirige vers les douches... Les douches, elles sont où au fait ? Je les trouverai 15 minutes plus tard, après avoir fait tous les étages de l'auberge, demandé à 3 personnes différentes, et être passé par une cour extérieure (à poil avec le froid octobral de Dublin, c'était pas vraiment un régal) où un mec m'a regardé incrédule, se demandant sûrement quel type d'ahurri je pouvais bien être. Le numéro du Guiness m'a beaucoup moins manqué, sur ce coup là.
14h, je passe dire bonjour à mes nouveaux chinois d'amis, leur commande du pékinois et de la langue de chat au saté, et dévore tout ça sans quitter l'horloge de ma vue. Ne pas arriver en retard, éliminer toute cause possible de stress. Tel est le leitmotiv que je me suis fixé.
15h, le taxi me dépose devant le Regency Airport Hotel, lieu du tournoi. Premier choc : le bâtiment ne paye pas de mine. Enfant gâté que je suis. Non mais c'est vrai, quand on dit "tournoi de poker", on s'imagine les somptueuses devantures des hôtels-casino de Las Vegas, et il faut dire que le charme désuet de ce bâtiment dublinois n'était guère en adéquation avec ce que j'avais, sans le vouloir, imaginé.



Le Regency Airport Hotel

Le Regency Airport Hotel


Qu'importe, on est pas ici pour se la jouer nouveau riche, mais bien pour faire parler les as. Et de ce côté là, pas de quoi se plaindre. Un premier pas à l'intérieur laisse entrevoir le grand salon où ont été aménagées les 65 tables : y'a pas à dire, ça claque. Les piles de jetons sont formées, les croupiers attendent impassiblement à leur table, des écrans projettent les listes des inscrits, et une foule de 600 personnes s'agite dans tous les sens. L'ambiance me prend au vif, je suis comme un poisson dans l'eau.
Première étape, s'enregistrer auprès du comité d'accueil. Et quel comité. En toulousain, on appelle ça "2 putains de bombes sexuelles" (on pourrait ajouter "mon gars" à la fin de la phrase). Un "hello", et me voilà amoureux. J'arbore mon plus beau sourire et aide la créature de rêve à parcourir la liste à ma recherche, glissant de temps à autres dans son décolleté.
J'aurais aimé qu'elle cherche mon nom des heures durant dans cette liste, mais elle me trouve hélàs facilement. "Camille Tharkis Blanc", c'est bien moi affublé de mon stupide pseudonyme.
Elle griffone mon numéro de table (19) et mon siège (10) sur un plan de la salle, et me renvoie à la réalité.
Bon, fini les conneries, il est temps de reprendre ses esprits. On laissera les plans JC Dus pour une autre fois. Je me grille une dernière clope, puis entre dans le salon occuper mon siège.
J'effleure du bout des doigts mes jetons, jette un regard à ceux de mes adversaires qui sont déjà attablés. Ma table est moitié française, moitié dublinoise. Un parfait résumé de la composition des 1300 joueurs venus s'affronter : 40% français, 50% Royaume-Unis / Irlande , et 10% autres. Ça parle français dans tous les sens. Je cherche du regard un pote qui participe, lui est venu le jour même en avion avec d'autres amis à lui. Mais autant chercher un chinois dans Pékin. C'est pas grave, on se verra à la pause... un coup d'oeil sur les écrans, qui affichent désormais l'horloge du tournoi : ce sera dans 240 minutes. Ouch, c'est long. J'espère au moins que je tiendrai jusque là.


Shuffle up and deal !


Cette fois, on y est. Let's rock, comme disait Duke. Les premières mains s'enchaînent, je joue peu étant donné que les figures sont rares dans mes mains. Un français se démarque, remportant quelques pots de taille moyenne. Il parait sûr de lui, mais montre un jeu assez académique. Je perds quelques blinds en allant voir des flops avec pas grand chose, motivé par la structure extra lente du tournoi. Mes 10 000 jetons deviennent 9 000, rien d'alarmant, mais guère encourageant.
Les minutes passent et mon stack stagne, ne jouant aucun coup très risqué. En face, le français continue de monter : 16 000 jetons après 2 heures de jeu, il est un confortable chip leader de la table. Il a beaucoup de jeu, mais semble facilement lisible, contrairement aux 3 dublinois situés à ma droite dont je n'arrive pas à déterminer le profil. Pour ma part, je choisis de donner l'image d'un joueur très tight , ce qui semble bien fonctionner, puisque les pots que je gagne sont dans 90% des cas sur mes mises bien calibrées au flop, parfois sans jeu. Un autre français, en face, joue dans les mêmes cordes que moi, tandis qu'à ma gauche les profils sont plus fantaisistes : un fish qui fait semblant de savoir réfléchir à comment jouer ses coups, un autre qui fait un peu n'importe quoi, et un dublinois à l'air innocent qui joue très loose, mais avec intelligence.
C'est après 3 heures peu palpitantes que survient mon premier coup intéressant : je touche A-Q dépareillés en position de cut-off. Le chip leader (UTG +1) et un des 3 dubliners à ma droite limpent, les autres passent, et quand vient mon tour, je relance à 4 fois la blinde, ce qui s'est installé comme le standard de relance de la table. Le dealer, puis les blinds passent et les 2 autres callent. Le CL doit avoir un bon jeu sans être premium, l'irlandais reste une fois de plus difficilement lisible. Il a pu suivre avec n'importe quel jeu décent, including des suited connectors assez faibles.


Le flop arrive comme une lettre d'amour par la poste : Q - 10 - 6 rainbow. Pas de couleur, pas de suite, et j'ai top pair / best kicker. Le chip leader lance les hostilités avec une relance assez faible, environ la moitié du pot. L'irlandais fold, ce qui me soulage et me laisse champ libre pour étudier mon adversaire. Sa mise me donne matière à réfléchir, étant donné son attitude passive pré-flop et la texture du flop. Un appât pour un brelan de 10 ou une overpair ? En quête d'informations avec un K - Q qui le fait douter ? Ce sont les 2 options que je retiens. Ne pouvant me décider entre les deux, et le pot étant devenu relativement intéressant, je décide de mettre ma première boîte du tournoi : je reraise à plus de 3 fois sa mise.
Hésitation de sa part, réflexion, et finalement le couperet tombe : il raise à nouveau pour 2 fois la mise que je viens d'annoncer. Pas vraiment le choix, à ces hauteurs là ma paire est insuffisante pour suivre. Je fold donc et me retrouve à 6 000 jetons, alors que les blinds s'élèvent à 100/200. M = 30, la pression monte d'un cran pour moi.
Je grapille quelques jetons jusqu'à la pause, revenant à près de 7 000.


Je retrouve enfin Pierre et ses collègues. Enfin, moins un. A la table à côté de moi, j'ai vu sortir un gars furieux après un méchant bad beat... c'était l'un d'eux. Le pauvre a all-in sur un flop 10 - 6 - 2, fort de son King Kong ... Un belge dégueulasse, qui avait relancé avant lui, décide finalement de suivre... Avec Q - Q ! Vous vous doutez de la suite, il trouve sa dame sur le turn , et c'est Benjamin qui trinque après seulement 1h30 de tournoi. Douloureuse expérience. Pierre est dans la même situation que moi avec 7 000 jetons, tandis que Arnaud est confortablement installé sur un stack de 18 000 jetons après avoir doublé quasiment d'entrée sur des pocket rockets !
Le temps de manger rapidement (il est déjà 20h), de fumer une clope et de parler un peu de la stratégie que l'on doit adopter avec Pierre dans notre situation, et nous voilà réinstallés. Pour moi l'idée est claire : éviter de mettre en danger mon tournoi, mon M est encore suffisant pour jouer des coups sans que ce soit le cas, et maintenir comme ça mon M malgré l'augmentation des blinds, jusqu'à trouver un gros coup pour me remettre dans une position plus confortable. Et pour dire vrai, tout s'est passé comme sur des roulettes : tandis qu'à ma table les têtes commencent à tomber (le français qui jouait fantaisie, puis le dubliner fou, puis le fish), je maintiens le cap et augmente mon stack en même temps que les blindes.


Jusqu'à ce que... Pocket 5. Fidèle à mon habitude, je calle une relance du chip leader, et on se retrouve à 3 sur le flop... les 3 mêmes que sur le coup dur reçu plus haut, dans les mêmes positions. Mais cette fois, out la lettre d'amour, welcome salvation. Un petit 5 pointe le bout de son nez, accompagné d'un 2 et d'un 9.
Poker face, et prière intérieure : pourvu qu'ils aient touché quelque chose ! Ça relance sec de la part du chip leader, cette fois-ci presque à hauteur du pot. A ma droite, la réaction est immédiate : all-in, pour 15 000 jetons ! Quel enchaînement meilleur pouvais-je rêver ? Je calle sans broncher, et le chip leader, après une longue hésitation, folde son A - 9.
Petit moment de tension avant de révéler nos jeux pour ce pot à 22 000, sur lequel je peux sauter... Paire de 10 pour mon adversaire, cri de joie pour moi. La suite est un long chemin paisible vers une rivière sans danger (après avoir tourné sur la gauche).


Wow, ça fait du bien. Baby, me revoilà dans la family des gros stacks de la table. Après "let's rock", ça devient "piece of cake" pour moi : fort de mon image de joueur ultra-serré et de mon statut de nouveau riche à la table, j'enchaîne les galipettes, bluffe à tout va en mettant la pression sur mes adversaires. That's poker, enfin je joue, enfin je donne le meilleur de ce que je sais faire, je mise sans dépendre des cartes et roule sur mes adversaires les uns après les autres. 22 000, 25 000, 33 000, plus rien ne m'arrête dans ma folle course. Pas loin de moi, c'est moins rose pour Pierre qui se fait sortir avec un peu de malchance, tandis qu'il était en train de remonter son tapis au dessus de 10 000.
Les adversaires initiaux de ma table tiennent bon (même si l'ancien chip leader est en chute), mais les adversaires qui viennent occuper les places laissées vacantes s'enchaînent et viennent enrichir nos stacks.


Je mène la danse, jusqu'à ce qu'IL arrive. IL, c'est un joueur asiatique, qui vient s'asseoir à la place d'un des dubliners de la table initiale que je viens de sortir. Mes 45 000 jetons se retrouvent dans l'ombre de son imposant stack de 63 000. Il a tout pour impressioner, ce gars là : style djeunz branché, très stylé comme savent l'être les asiats européens, porte-bonheur qui prend la forme d'une petite figurine de tortue taillée dans une pierre verte, et qu'il pose sur son jeton de 10 000, le premier qui circule sur notre table.
Enfin de l'adversité. Certes, il impressione, mais il ne faut pas se démonter. Je joue un excellent poker depuis 2 heures, c'est pas le moment de changer.

Après deux tours de table d'observation de sa part, notre nouvel arrivant se met à jouer. Son image lui permet de prendre quelques pots sans grande résistance en face. Tapis dans l'ombre, j'attends qu'une main jouable apparaisse... Et elle vient cette main, un A-J unsuit. Pas de quoi s'enflammer, mais voilà qui va peut-être me permettre de tester Mister Pays du soleil levant. Le joueur UTG se couche, et lui, en position UTG +1, relance à 3 fois la blinde (1800). Ouch ! Ça sent pas bon tout ça, y'a moyen qu'il aie mieux que moi... Que faire ? Jeter mon A-J ? Hors de question, je suis dans une position qui est devenue inconfortable à la table : j'ai un gros stack , et je ne peux même pas en profiter dans la majeure partie des coups, à cause de lui. Il faut absolument que je le joue... Bon, c'est la 1ère fois que je vais jouer un coup depuis qu'il est à la table, j'ai donc un avantage sur lui : j'ai pu un peu étudier son jeu, alors que lui n'a aucune info sur moi. Répétons : après un tour de table d'observation, il a commencé à jouer pas mal de coups, réalisant des steals au flop. Je dirais donc qu'il joue assez large. Cela dit, c'est la première fois qu'il relance pré-flop en étant out of position. Donc sur ce coup là, y'a moyen qu'il ait un bon jeu. Je le mets sur un A-Q, A-J suited, pocket ten, J-J . Autant dire quasiment que des mains qui me battent... Mais aussi des mains qui sont battues par pas mal d'autres mains. Il va falloir faire jouer son image.

Je décide donc de faire un 3-bet pour me faire respecter, 5400 à suivre. Tout le monde s'est couché, il calle ma relance pour un pot d'environ 12 000 jetons. Nous sommes tous les deux sur le flop. K - 7 - 6 dont 2 coeurs. Le flop idéal pour le bluffer. A lui de parler, et il... mise ! 8 000. Le move est pour le moins surprenant, là où je m'attendais à ce qu'il checke pour me laisser effectuer mon continuation bet avant de prendre une réelle décision. Surprenant, mais pas déconcertant pour autant : sa mise est clairement un signe de faiblesse et une tentative d'obtenir les cartes du turn et de la river à moindre coût si je suis faible aussi. Aucun doute donc, j'envoie une patate à 18 000 pour lui ôter toute côte favorable sur un quelconque tirage, et avoir l'air d'avoir A - K. Visiblement pas habitué à rencontrer de résistance en face, il finit par se coucher, me concédant le chiplead... Ouf !

Quelques tours de table plus tard, il sera sorti par un autre joueur... Celui qui venait comme un requin est tombé dans une marre à piranhas ! J'en ai presque eu pitié pour lui.


Mais l'heure n'est pas à l'humanitaire, un rapide coup d'oeil sur les tables qui m'entourent me font comprendre que je suis dans le top 20 en terme de jetons sur tout le tournoi. Et pour la 1ère fois du tournoi, sur le coup de minuit et demie, on me change de table. Toute une image à refaire, des nouveaux profils à cerner... J'ai du pain sur la planche.
A ma droite, le typique joueur exécrable : il parle non stop au joueur avec lequel il est engagé dans un coup. "You got a middle pair, don't you ?" "Come on call me I have nothing", etc etc... A ma gauche, une jolie blonde... Première fille à ma table, et on peut dire que ça ne me réussira pas, puisqu'à peine arrivé, je perds environ 15 000 jetons contre elle sur un coup dont je ne me souviens pas, mais que j'avais extrêmement mal joué.
Heureusement, le parleur est là pour me rendre amicalement ces 15 000 jetons, et je l'éjecte avec grand joie du tournoi. Ce seront à peu près mes seuls moves sur cette table où je restais 1 heure comme maximum. Le nombre de joueurs ayant chuté à 140 environ, nous sommes regroupé sur une moitié de la salle, pour laisser le champ libre au side event qui s'organise.


Il est 2 heures du mat', et la fatigue devient difficilement supportable. Sentant que je ne suis pas en bonne capacité pour analyser le jeu de mes nouveaux adversaires, je préfère rester en tant qu'observateur, n'entrant dans quasiment aucun coup. Sur la table à côté, le français qui avait été chipleader à ma toute première table se fait sortir avec A-A en étant callé à tapis pré-flop par un 7-8 suited, alors qu'il avait un tapis relativement conséquent. Le flop 9-10-J ne lui a laissé aucune chance... Un sacré bad beat. Arnaud finit aussi par sortir, après une descente lente mais continue.
Pour ma part, je passe la dernière heure en totale observation : aucune main vraiment bonne ne vient me réveiller, et mon stack revenu dans l'average ne m'incite pas trop à tenter des steals qui deviennent risqués.
4h du mat, la salvation arrive : la fin du jour 1A est déclarée, avec 90 joueurs restants. Je finis avec un stack de 63 000, en dessous de l'average, alors que les blinds passeront à 1500 - 3000 au début du day 2. C'est pas une position très confortable, mais c'est déjà une sacrée satisfaction d'être au day 2, et je suis globalement très satisfait du niveau de poker que j'ai montré.


On compte tous les jetons, on met ça dans des enveloppes scellées, et c'est le retour à l'auberge de jeunesse pour passer une courte nuit : réveillé à 10h, je suis sommé de dégager ma chambre. Une douche (ça va plus vite quand on sait où elle est), on entasse les affaires dans la valise, et c'est parti pour le centre ville où je rejoins mes 3 compères d'aventure pour me remplir la panse. Je passe sur la journée pétards / PES 2009 / sieste / wurst / bar / boîte / pétard / PES 2009 / dodo (chez Arnaud du coup).
Enfin une vraie nuit de sommeil, et me voilà en pleine forme pour attaquer ce day 2.


Retour au Regency Airport Hotel. Chacun récupère son enveloppe, recompte ses jetons, les reclasse. Une longue affaire pour certains chipleaders... mais pas vraiment pour moi. En face du chateau fort de certains de mes concurrents, mes piles sont comme la maison de paille des 3 petits cochons : prêtes à être soufflées par le grand méchant loup.
Mon manque de confiance me fait d'ailleurs très vite commettre une erreur, et me met au pied du mur : je suis à 71 000 jetons lorsque l'on me sert un J-Q suited à la BB. En milieu de parole, un ultra short stack (34 000 jetons) fait all in, faisant coucher tout le monde jusqu'à moi. Dans ma tête, tout s'accélère.
"Bon, il est vraiment short stack, il a pu envoyer sa boîte avec n'importe quoi..."
"J-Q suited c'est pas si mal..."
"Il doit avoir un petit As..."
"Ça me fait presque du 50% contre un petit As, et au pire il me reste encore 35 000 jetons après si ça se passe mal..."
"Si je gagne je passe à plus de 100k, ça me permettra de me remettre à faire des moves..."


<< CALL ! >>


Advienne que pourra. Fébrile, je retourne mes cartes. Sourire radieux sur le visage de mon adversaire, qui me terrasse en retournant King Kong. Je me vois déjà rentrant penaud chez Arnaud, dépouillé de toute ma fierté... Heureusement, il y a non seulement l'arroseur arrosé, mais aussi le terrasseur terrassé. Un flop 10 - Q - Q foudroie le pauvre irlandais que ni le turn ni la river viendront aider.
Avec le recul, je me dis que ma réflexion n'était de toutes façons pas si mauvaise, et que je devais call ce coup... Il était impossible de read une main aussi forte. Après, la chance a décidé de me sourire, et ce qui aurait dû pratiquement sceller mon tournoi me relança finalement dans une position confortable.


Retour en force. Mon tapis revenant au dessus de la moyenne, j'effectue quelques vols de pots et monte à 120 000 jetons. Une confrontation A - Q (moi) contre J - J tourne à mon avantage, et me voilà à 170 000, désormais bien confortable... Lorsqu'il arrive enfin. IL ? Le American Airlines qu'on attend tous à chaque main évidemment...
Et s'il est parfois traître, parfois peu rentable, il fut ce jour-là tout simplement parfait pour moi : Je suis au cut-off lorsque je le reçois.
En milieu de parole, une relance à 4 BB d'un joueur est sur-relancée all-in immédiatement par le joueur suivant, qui dispose d'un tapis de 165 000... Ça passe jusqu'à moi, et je call évidemment, l'air radieux. Le premier relanceur passe finalement... Et je me retrouve contre A - K suited sur un pot d'environ 370 000 !
Pas de miracle pour mon adversaire qui "jump" la mine grise, tandis que je constitue le plus beau chateau de jetons de la table.


Fort de ma puissance, je reprends mon poker ultra aggressif, y compris lorsque vient un vieux roublard à ma table avec un tapis encore plus gros que le mien : je suis monté à 440 000, lui débarque avec 520 000.
Quelques coups après son arrivée, il flat call (6 000) au cut-off - 1. Le cut-off, c'est moi, et je le relance à 18 000, mise qu'il suit. J'ai A - J en main. Le flop 8 - 5 - 4 rainbow est assez neutre, aussi je me permets de continuer mon aggression en mettant 30 000 dans le pot qui en contenait 45 000. C'est suivi une fois de plus. Cependant, je sens que le flop l'a aussi peu aidé que moi, et qu'il suit dans l'idée de faire parler la puissance de son tapis au turn si je flanche. Aussi, quand le dealer retourne un 10 au turn, je sais que je ne dois montrer aucun signe de faiblesse malgré que je n'ai absolument rien. Ma mise de 70 000 aura finalement raison de lui, et je me félicite une fois de plus de ma bonne lecture.


Je reprends du coup le chiplead de la table, voilà qui promet une belle liberté d'action. Un coup d'oeil sur l'écran m'apprend que la bulle a éclaté depuis un bon moment déjà, sans que cela ne m'ait guère affecté : j'ai eu tellement à faire à ma table que je ne me suis même pas rendu compte que j'étais "in the money".
A vrai dire, tout est allé tellement vite que l'on est déjà plus qu'une soixantaine de participants, alors que la bulle était à 130. Peu importe. Les gains, le nombre de participants, tout cela sort de ma tête : je suis à fond dans mon poker. A - 9 suited, une relance d'un short stack : j'attaque, et le pousse au all-in, encouragé pour la 1ère fois par le public qui s'est aglutiné autour de ma table. "Vas-y le chipleader, c'est ça !". Je me retourne, ce n'est ni Benjamin, ni Pierre (qui m'ont finalement rejoint), mais un parfait inconnu. L'encouragement me porte bonheur et le pauvre short stack saute avec son K - J sur un board qui n'améliore aucun des 2 jeux; je me retrouve à 620 000 jetons, dans le top 5 du tournoi :

Mont Blanc


En parlant d'encouragements, il a fallu supporter, des heures durant, l'ami de l'une des deux dernières filles encore en lice : au moindre move qu'elle faisait, celui-ci faisait retentir sa voix dans la salle ; "vas-y bébé", "c'est bien bébé", "bravo bébé"... répétez ces phrases à la suite pendant 1 minute, et vous avez un aperçu du scénario. Les 1ères fois, ok. Mais après 1h30 de jeu, c'est vite devenu insupportable. Autant dire que j'ai reçu son éjection avec un enthousiasme sadique énormément jouissif.

Ne me laissant tout de même pas déconcentrer par la lourdeur de cette homme encourageant sa Berengère, je continue de gérer mon avance, montant jusqu'à 700 000 jetons, jusqu'à ce qu'un coup me fasse un grand tort : contre un moyen stack, j'attaque avec K - Q sur un flop qui me donne la top pair. Mais alors que mes mises sont toujours très respectées à la table, je subis une relance bien dosée qui me fait craindre une grande force de la part de mon adversaire. De toute évidence, compte tenu de mon image à la table, sa relance me fait pressentir de sa toute puissance. Je sens qu'il n'a pas voulu relancer faiblement, ce qui serait trop "obvious" de sa volonté de me faire relancer pour m'envoyer son tapis derrière, fort d'un brelan ou d'une overpair. A côté de ça, une forte relance n'aurait de sens que s'il était faible, mais au vu de sa relance pré-flop et de son jeu à la table (une putain de serrure), il doit deviner que je me coucherai contre lui en cas de forte relance. Je fais donc acte de prudence et jette ma top pair, abandonnant au passage quelques 180 000 jetons à mon adversaire, pour retomber proche des 500 000 pour des blinds qui atteignent désormais 8000 - 15 000.

M = 30, je prends la décision de resserrer mon jeu pour ne pas sauter bêtement alors que la table finale approche à grands pas. En effet, le glas vient de sonner pour le 28ème joueur, et ma table éclate afin que nous ne soyons plus répartis que sur 3 tables.
A ma nouvelle table, le jeu devient très vite assez loose, avec des relances all-in pré-flop dès qu'il y a un As en main. Et conclusion logique de ce type de jeu, les mauvaises rencontres s'enchaînent pour les petits As qui tôt ou tard se retrouvent contre un As plus fort. Et alors que ce balai incessant de all-in et de rencontres malheureuses fait bouger les stacks et sauter quelques joueurs, pour ma part... Je reste terré, traversant une véritable période de disette... Les blinds augmentent, et mon stack semble se faire grignoter sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit... Je suis parfois en position favorable pour réaliser un squeeze qui me rapporterait gros, mais... et si il y avait un vrai jeu, en face ? Dois-je prendre le risque de sauter lamentablement avec 2 - 9 unsuit parce que je n'ai pas eu la patience d'attendre une vraie main ?


Fold sur fold, mon stack descend... 400 000, 350 00, 300 000. Tandis qu'autour de moi, les stacks sont de plus en plus impressionants, dépassant le double million parfois... Me vient As - 2. Je suis tellement embourbé dans mon idée d'attendre une vraie main que je jette cet As - 2 face à une relance standard de 3 BB... Ce sera plus tard source de regret, même si ça n'aurait certainement rien changé à mon tournoi. Mais ça, ce sont les circonstances. Le fait est que sur le coup, c'était une mauvaise décision...
Malheureusement pour moi, la disette continue après cet As - 2 qui constituera ma meilleure main de cette fin de tournoi... 70 mains sans en jouer une, et mon stack se retrouve à 100 000 pour des blinds hallucinantes de 20 000 - 40 000, lorsque le 19ème joueur saute. On nous regroupe sur 2 tables...
L'illusion de la table finale s'éloigne, je ne vois pas comment je pourrais m'en sortir à M = 2,5 lorsqu'il reste 9 joueurs à sortir... Quelques coups plus tard, je reçois K - J suited. C'est donc tout logiquement que je pousse ma plaquette de 100 000 vers le milieu de la table, annonçant avec le sourire "I'm all-in". Plus trop de pression, je n'ai pas vraiment d'illusions.
Payé par A - Q, ma fin arrive, sur un board relativement coquin :
Camille draws a Blanc


Je sors 18ème sous les applaudissement d'un public que je semblais clairement avoir conquis (mon charisme naturel, sans doute), empochant 1800€... et un excellent souvenir !

Par Tharkis - Publié dans : Poker
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 12:28

Aujourd’hui je suis malade comme un renard, et je profite de ce que j’appellerai un entre-deux-crises-de-toux pour tapoter les touches de mon clavier et pousser un coup de gueule bien nécessaire.
Avez-vous déjà remarqué qu’on vit dans une époque totalement folle pour nos sens gustatifs et olfactifs ?
J’ai fait ce constat il y a peu, et depuis, chaque jour je trouve de nouveaux éléments qui me confirment que dans notre quotidien, nos papilles et notre nez sont choyés comme jamais…

Au moment des repas bien sûr, avec la diversité des cuisines que l’on trouve dans les restaurants ou même chez soi : il y a 15 ans, il n’y avait pas beaucoup de foyers français qui auraient préparé un plat asiatique chez eux… aujourd’hui Suzi-Wan envahit les placards de Brigitte… Et je ne vous parle même pas de la cuisine moléculaire.


Enfin si ce n’était que la cuisine… mais plus seulement ! Pour rester dans l’alimentaire, il y a le grignotage. Avant, on nous vendait des chips qui tentaient de reproduire un goût que l’on aimait : à la bolognaise, au poulet… Maintenant on apprend le goût de certains aliments PAR les chips ! Genre le paprika de papouasie, à part dans les Pringles, vous avez goûté ça ailleurs vous ?
Partout nous sommes envahis d’odeurs. Une envie de se moucher ? Prends mon mouchoir à la menthe. Choisir un déodorant ? Un vrai casse-tête moldave chaque fois qu'on arrive devant le rayon, avec Axe et ses 25 petites fioles différentes.

L’autre jour, je me douchais chez une amie, et j’ai bien failli perdre la vie en glissant dans le bac à douche tellement son gel douche m’a pris de court : il était au chocolat. Un gel douche au chocolat ? Vous en faites peut-être un peu trop les gars là non ? En plus ça marche pas, mon amie n’a pas voulu me croquer comme une de ces tablettes de Lyndt dont elle raffole tant. Tant pis, je repasserai.


Bourjois, pour les femmes chocolat

Bourjois, pour les femmes chocolat



Bref, quoi qu’on fasse dans sa vie aujourd’hui, on peut y associer un parfum agréable. Enfin presque, il y a deux exceptions.
La première, c’est que je suis désolé messieurs les scientifiques, mais votre papier cul à l’orange, ça empêche pas les chiottes de sentir le fennec après mon passage. Faudra trouver mieux.

La deuxième, c’est qu’en ces temps où tout est délicieux et sent bon, il reste un irréductible petit sirop qui mène la résistance. Ce dont je vais vous parler est le pire immondice jamais créé, loin devant la gelée à la menthe de nos amis anglais (sisi c’est possible).
Je n’ai rien contre nos amis d’outre Rhin, mais allez savoir pourquoi, j’ai l’impression que ce sirop a été créé par 2 gros scientifiques allemands bien dégueulasses :
-    Dis Hanz, je grois gue j’ai une zuberbe idée.
-    Guoi Frank ?
-    Eh bien z’est de créer un zirop tellement efficace gue les gens zerai obligés de l’acheter. Et pour se marrer, on lui donnerait le goût le blus ignoble pozible…
-    Ahr ahr ahr drès bonne idée Frank, drés bonne !


Leur création, ça s’appelle le Pulmosérum. Qui n’a jamais goûté le Pulmosérum ne sait pas ce que le mot « atroce » peut signifier. J’hésite entre 2 formules : « un doux mélange d’alcool à 90°, d’eau de Javel et de mort au rat » ou plus poétiquement « une lampée de Baygon vert arrosée d’eau des chiottes du Bluenote (vous savez, cette discothèque miteuse à deux pas de chez vous) à 5h du mat' » ?


Voilà. Là, vous vous en foutez sûrement, mais au moment où je vous écris, j’ai en face de moi cette petite bouteille verdâtre contenant le poison… Il me reste donc à choisir entre continuer de cracher mes poumons et boire l’immondice…

Je retire ce que j'ai dit plus haut : putain de germaniques, j’ai jamais pu les saquer.


Gloups.

Par Tharkis - Publié dans : Divers
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 12:17

S’il est une chose incroyable en ce monde, c’est bien qu’avec quelques 5 milliards d’habitants, la Terre recèle encore d’innombrables endroits que jamais pied d’homme n’a foulés.

C’est quelque part une preuve qu’aussi curieux que l’on puisse être pour toute sorte de chose, nous sommes globalement peu aventureux… Et cela est valable à toutes les échelles, je ne parle pas forcément de partir en vacances dans des endroits sauvages ou autre joyeuse excursion vers l’inconnu. Non, nous sommes peu aventureux jusque dans notre quotidien. Réfléchissez bien… Quand vous sortez, où allez vous ? 95% du temps dans des endroits que vous connaissez déjà. Toujours les mêmes bars, toujours les mêmes discothèques, les mêmes restaurants. N’ai-je pas raison ?

Je le sais, je suis le premier à faire ça. Mais depuis quelques soirs, je sais que j’ai tort. Parce que même dans sa ville, même dans son quartier, il existe des endroits dont on ignore jusqu’à l’existence, et qui pourtant valent le détour.


Samedi soir. Une chaude soirée d’été, 20h, je rejoins Flo dans notre bar de prédilection : La Couleur de la Culotte. Le temps de prendre 2 pintes de bière et nous voilà partis pour le restaurant où nous avons rendez-vous avec d’autres amis, le May. Une salade, une bavette aux échalotes et quelques bouteilles de vin plus tard, nous regagnons la Couleur, pour un véritable festival d’alcool... La beuverie dure jusqu’à 4h du matin, et nous décidons ensuite d’aller continuer les festivités autour de la piscine chez des amis, et surtout autour d’un petit joint.

On se baigne, on fume, et les dernières filles présentes nous quittent sur le coup de 7h du matin.

Nous nous retrouvons 4, Flo, Ben, Lolo et moi, dans l’état que l’on peut imaginer après une soirée aussi intelligente, fumant un dernier pétard… Quand soudain, Ben, toujours plein de ressources (comprenez par là « toujours plein d’idées débiles ») dans ces moments là, nous dit :

« Hey les gars, j’ai une idée, on va aller au marché acheter des trucs à bouffer »

Un oui général accueille cette idée, car il commence à faire faim (surtout pour les nuls comme moi qui ont vomi au cours de la soirée). Et nous voilà nous dirigeant vers le marché de Victor Hugo, qui ouvre ses portes.

Un petit passage chez Betty, l’un des meilleurs affineurs de Toulouse, pour récupérer de bons fromages, et Ben nous emmène chez le boucher, pour acheter… des tranches de filet de bœuf !

« Du filet de bœuf ? Mais où on va manger ça ? »

« Vous inquiétez pas, vous allez voir »

A ce moment là, je sais que dans les têtes de Flo et de Lolo comme dans la mienne, passe la même question : mais qu’est-ce qu’il va encore nous sortir ??


Et c’est là que nous arrivons devant le Saint Graal, la raison d’être de cet article, mon nouvel endroit fétiche : un stand du marché de Victor Hugo qui est… un bar. Eh oui, un bar dans un marché, le matin, à 8h du mat’, il fallait penser à aller le dénicher. Ce n’est pas à la portée de Monsieur Tout le monde. Du coup, la clientèle est en conséquence : on y côtoie seulement l’élite des déchets de la nuit, les bons vieux saoulards les plus dégueulasses du tout Toulouse, qui non contents d’être présent dans cet endroit totalement hors de toute logique, s’imposent en plus directement comme des habitués !

On tutoie le serveur, on plaisante avec lui, on l’appelle par son prénom et on se rappelle les (bons) souvenirs des soirées précédentes… L’ambiance a l’air bon enfant. Et nous au milieu de tout ça ?

Eh bien on sort le pain, le fromage, on donne les steaks au serveur et on lui demande de nous les faire cuire, pardis ! (j’ai oublié de vous préciser le plus important : le serveur a une petite plaque de cuisson au gaz et une poêle crasseuse prête à servir).


« Et pour accompagner tout ça messieurs ? »

Une bouteille de rouge, évidemment. Un petit Minervois. Horrible, je pense qu’il n’y a pas d’autre mot. Il m’a râpé la gorge comme rarement un vin ne l’avait fait. Mais à ces heures tardives, on ne saurait être difficile.

C’est donc avec une joie non contenue que nous nous sommes enfilé toutes sortes de fromages, nos bons gros morceaux de viande, et bu ce petit rouge bon marché, pour ce qui fut sans doute l’un des festins les plus inattendus auquel j’aurais participé dans ma vie.

Chaque fois que je me revisualise la scène, je me dis que cette soirée là, j’ai vraiment découvert un endroit particulièrement surnaturel, presque sauvage, et que cet endroit là a toujours été là, à 2 pas de chez moi !


La conclusion de tout cela ? C’est simple : osez ; osez des endroits insolites. On ne tombe pas tous les jours sur un endroit aussi inattendu que celui que je viens de vous décrire, mais on finit toujours pas connaître des endroits qui nous changent de nos habitudes… Et je peux vous assurer que dans certains cas… C’est pour notre plus grand plaisir… et celui de notre estomac !



Le bar du marché Victor Hugo

Par Tharkis
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Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /Oct /2007 20:35

C’est vrai ça, qu’est-ce que c’est au final, cette chose qui envahit peu à peu le réseau des réseaux ? Parce que le mot blog, il est bien gentil comme ça, mais il désigne tellement tout et n’importe quoi, qu’on ne sait plus très bien ce que c’est.

Je vous fais l’honneur de passer outre la définition technique du mot, je suppose que si vous me lisez aujourd’hui, c’est que quelque part vous connaissez le principe de base du blog.

 

Venons-en plutôt au vrai sens de la question : pourquoi est-ce qu’on décide, un jour, d’écrire un blog ? Et qui est ce « on » que l’on rencontre partout et qui diffuse sa prose et la fait lire à qui le veut, connu ou inconnu ?

Il n’y a évidemment pas de réponse universelle à ces questions, et si vous êtes un habitué de ce genre de manifestations cyberlittéraires, vous devez déjà savoir que les blogs, c’est un peu comme les blagues : il y en a des drôles et d’autres moins, certains franchement pathétiques voire odieux.

Comme c’est le premier article et qu’il faut bien que je m’introduise dans ce vaste monde qu’est la blogosphère, je dirais pour parler du mien qu’il s’agira d’une sorte de grenier à connerie. Pas de ligne éditoriale ou thème prédéfini, ce sera seulement l’étalage de ce que ma tête débordante d’idées stupides pourra bien imaginer pour occuper un moment de votre journée. Cet aparté clos, revenons en au sujet.

 

Je disais donc, qu’est-ce qui peut bien faire qu’un jour, une personne pourtant saine d’esprit comme moi, se décide à perdre son temps à écrire des pavés longs et ennuyeux, et à les diffuser sur la toile ? Ca va peut-être vous paraître fou, mais je pense que pour une majorité, c’est le secret espoir que cela intéresse des gens. Oui je sais, c’est insensé, c’est presque sale, mais comme l’espoir fait vivre, soyez indulgents, chers lecteurs ; c’est assez difficile comme ça à assumer.

Du coup, rentrer dans la blogosphère, c’est quelque part faire un pari risqué. On a tôt fait de savoir si oui ou non ce que l’on a jugé intéressant de partager avec le monde entier le méritait vraiment. Il s’agit d’un test rapide et foudroyant, un peu comme lorsqu’on se décide, après tant de jours passés à penser à la même fille ou au même mec, à finalement se jeter à l’eau. Il y a cependant une différence de taille : ici, en cas de réponse défavorable, on ne se fait pas remballer sur le champ, on doit attendre que se construise au fil des jours l’impitoyable « courbe de fréquentation ». Je ne suis qu’un blogger débutant qui n’a encore jamais vécu ça (bizarrement, en revanche, j’ai une bonne expérience au niveau des râteaux par la gente féminine), mais des amis bloggers m’ont avoué que cette fameuse courbe constitue une drogue aux effets sanglants, et à laquelle la dépendance est évidemment très forte. Ca tombe bien, j’adore me shooter.

 

Oh bien sûr, le blog se décline suffisamment pour être également touché par des gens bien moins atteints mentalement que ce portrait robot du blogger que je viens de dresser (que nous appellerons « type 1 »). Certains se contentent de raconter sur leur cyberespace leur vie pour leurs amis - ou pour les gens qui ont du temps à perdre, en y mettant des photos, des commentaires plus ou moins débiles (plutôt très débiles généralement) ; nous appellerons ceux là « type 2 ».

Et autant vous le dire immédiatement, le coup dur pour le blogger type 1, c’est de voir que ceux qui comptabilisent le plus de visites, de façon générale, ce sont plutôt les fines têtes du type 2, avec leurs défécations qui donnent dans le « kikoo lé zamis ce we g t avc ma nièce au zoo il fesé super cho, voila 1 ptit foto lol. Bisous ++ » suivi d’une photo d’une fille de 16 ans à moitié dénudée avec l’arrière train d’un babouin qui dépasse derrière elle. Le verdict est sans appel : 109 commentaires sur l’article. Il me faudra sûrement 40 articles pour en réunir autant.

Quelque part je peux le comprendre, la photo de charme parle forcément plus que mes gros pavés inchiables à lire. Aussi, comme je ne suis pas vache, j’essaierai de toujours terminer mes articles par une image, une sorte de récompense pour les courageux qui iront jusqu’au bout.

 

Et vous, qui lisez cette ligne, êtes les premiers de cette joyeuse catégorie de gens.



Le blogger type 1 par Pessin
Par Tharkis
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